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 Article: "Un pathétique cri d'impuissance"

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Bergie
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MessageSujet: Article: "Un pathétique cri d'impuissance"   Sam 27 Aoû 2005 - 4:55

A première vue, Amélie Nothomb change de registre. Elle abandonne sa fantasmatique personnelle, qu'elle nourrit de sa bio, de son réservoir de légendes ou de son théâtre intime, qui lui inspire des pièces qu'elle affuble de défroques romanesques. Elle a l'air de sacrifier au roman à thèse, au sujet de société, d'offrir en pâture aux nouvelles tribunes médiatiques, pour lesquelles la littérature n'est plus que quantité négligeable, de la bonne matière à blabla apparemment controversiel, en fait gravement consensuel.

L'hypothèse est hardie : la télé-poubelle d'aujourd'hui et l'univers concentrationnaire s'équivalent dans l'ignominie. L'actualité ne lui donne pas tort : de nouvelles pistes s'esquissent aux Pays-Bas, source de multiples concepts depuis « Big Brother », de diffuser des accouchements en direct, en attendant d'en faire de même avec l'euthanasie, les exécutions capitales (qui rappelleraient l'Ancien Régime) et, avec un peu de sens de l'opportunité, les assassinats. Nothomb, elle, imagine les camps de la mort proposés en prime time, et, dans cet univers d'épouvante, une intrigue autour d'une héroïne, Pannonique, qui prend des allures de sainte, de martyre et de prophète.

Elle dénonce l'hypocrisie généralisée, celle des producteurs, celle de la presse, qui en prend pour son grade, et celle du public surtout, incapable de résister en bloc à cette barbarie d'un cynisme insondable. Elle ne pousse pas très loin l'analyse, qui la mènerait à voir dans ces pratiques la dérive absolue d'un capitalisme sauvage parce que privé de l'un de ses leviers, le puritanisme.

Mais c'est qu'elle ne se pose pas, quoi qu'il y paraisse, en autre chose qu'une fabuliste. Amélie Nothomb n'a pas l'intelligence technicienne de la théoricienne, elle ne recherche pas l'effet d'horreur du conteur, elle nous montre, non sans une batterie de références, de l'Evangile à Maupassant et à Primo Levi, à qui elle se sent candidement obligée de rendre hommage, le vertige éthique devant lequel le monde actuel nous abandonne, parce qu'il a largué bon nombre de ses amarres.

Ce livre est sulfureux par antiphrase. Il recèle un appel à une délivrance et s'inscrit en faux contre le sarcasme, ce masque hilare et trompeur de la lâcheté et de la démobilisation. Il est désarmé, parce qu'il montre combien la rébellion, aujourd'hui, est devenue dérisoire, pathétique, au sens propre inconcevable. Nothomb nous exhibe son désarroi : on ne croit plus en son pari sur la foi en quelques vertus cardinales.

« Acide sulfurique », dès lors, nous interpelle, comme Pannonique interpelle en direct les gloutons optiques en les enjoignant de cesser de la regarder. Son livre est aussi bouleversant parce qu'il contient sa propre impuissance. Il y a de la noblesse dans cet aveu.



Jacques de decker
http://www.leguide.be/Guide/livres/page_5379_360162.shtml
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