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 Interview du figaro magazine du 3 sept 2005

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Bergie
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MessageSujet: Interview du figaro magazine du 3 sept 2005   Sam 3 Sep 2005 - 18:46

AMÉLIE NOTHOMB
"Boycottons la télé-réalité !"
Dans son nouveau roman, "Acide sulfurique", la romancière la plus lue des Français imagine une émission de télé-réalité qui se déroule dans un camp de concentration. Au risque de choquer. Elle s'en explique.

Le restaurant du Dôme, dans le quartier parisien du Montparnasse, à l'heure du déjeuner. Amélie Nothomb est accueillie par une coupe de champagne - le serveur connaît ses habitudes. Sa silhouette fragile se glisse sur la banquette. Elle commande une sole et regarde sa montre. L'entretien est au couteau, comme les dialogues de ses romans.

Le Figaro Magazine - Quel a été le déclencheur d'Acide sulfurique ?
Amélie Nothomb -
Je me souviens précisément du moment où je suis tombée enceinte de ce roman. C'était en avril 2004. J'avais une conversation avec une personne que j'aime bien au sujet de la télé-réalité. Elle m'a dit : «Ça m'amuse de voir jusqu'où les gens peuvent tomber dans ce genre d'émissions.» Mon sang n'a fait qu'un tour. Comment pouvait-on ajouter son mépris à l'humiliation subie par les participants à ce type de programmes ? J'ai entamé l'écriture du livre le 18 mai, et le 2 août il était terminé. Il me suffisait d'égratigner la veine pour que le sang coule à jet continu.

F.M- Quelle serait pour vous la pire lecture que l'on puisse faire de votre livre ?
A.N-
Au deuxième degré. C'est une technique très répandue aujourd'hui. On suppose qu'il existerait un regard qui rendrait tout acceptable. J'implore qu'on me lise au premier degré. Acide sulfurique n'est pas un livre sur la télévision, mais un livre dont la télé est le cadre.

F.M- Comparer la télé-réalité à l'univers concentrationnaire n'est-il pas réducteur et choquant ?
A.N-
J'en parle de manière très crue. Acide sulfurique n'est pas un livre drôle. J'ai pu l'être dans mes précédents, mais pas ici. Je ne précise pas comment les participants à «Concentration» sont mis à mort. Les survivants de la Shoah n'auront pas à souffrir de ça. J'ai écrit un livre sur l'obscénité, mais en aucun cas obscène.

F.M- Il se murmure que votre texte aurait été relu par un avocat avant sa parution. Est-ce vrai ?
A.N-
Nous n'avons pas pris cette précaution. Albin Michel est une maison d'édition à l'ancienne.

F.M- Avez-vous déjà regardé une émission de télé-réalité ?
A.N-
Pas une seule seconde ! Cela aurait été un comble alors que j'appelle au boycott de la télé-réalité !

F.M- Pour le moment, le public n'est pas près de vous suivre. Il regarde en masse ces programmes. Votre position risque de paraître élitiste.
A.N-
Je m'insurge contre cette déresponsabilisation généralisée, cette manière de se dédouaner en disant que l'on regarde ces émissions parce qu'elles existent. Le plus grand coupable, ce ne sont pas les chaînes de télévision mais le spectateur. Il est temps qu'une résistance se dresse comme en 1940.

F.M- Vous arrive-t-il d'allumer votre poste ?
A.N
- La télévision n'est pas pour moi l'incarnation du diable. Je regarde les nouvelles, certaines émissions d'Arte, mais aussi les clips de MTV avec mes neveux de 11 ans. Et ce avec beaucoup de plaisir. Mais j'aimerais que la télévision reste un média. Or la télé-réalité est une fin, non un moyen.

F.M- «L'humanité était ce grouillement disparate, cet absurde supermarché qui vendait n'importe quoi et son contraire, écrivez-vous. Haïr l'humanité revenait à haïr une encyclopédie universelle : il n'y avait pas de remède à cette exécration-là.» C'est seulement votre narratrice qui pense cela ou bien vous aussi ?
A.N-
Les deux. C'est un dégoût qui ne mène nulle part. C'est difficile d'écrire là-dessus. Il faut tout de même lui injecter un peu d'amour.

F.M- Aimez-vous votre prochain ?
A.N-
Spontanément, non. Mais je m'y efforce. C'est un véritable exercice philosophique. Aimer son voisin de palier comme soi-même, c'est quelque chose !

F.M- En quoi croyez-vous ?
A.N-
J'ai été élevée dans la famille la plus catholique de Belgique. Jusqu'à l'âge de 8 ans, je voulais devenir martyre et je m'y tenais. En grandissant, je suis devenue mystique, c'est-à-dire une personne qui se tait.

F.M- «Nos personnalités sont nulles, nos inclinations plus banales les unes que les autres. Seules nos répulsions parlent vraiment de nous», écriviez-vous dans Métaphysique des tubes. Vous le pensez toujours ?
A.N-
Nous aimons tous les mêmes choses, le pain frais, le champagne...

F.M- Qu'est-ce qui vous dégoûte aujourd'hui ?
A.N-
Le relativisme moral. «Qui sommes-nous pour juger ?» est la grande phrase des bien-pensants d'aujourd'hui. Or regardez où nous en sommes. Bien sûr qu'il faut juger !

F.M- Sur quoi se fonde votre propre morale ?
A.N-
Je rêve d'une morale cornélienne, qui s'appuierait sur une aristocratie des actes et non de naissance.

F.M- Vos études de philologie ancienne ont-elles eu une influence sur votre vocation d'écrivain ?
A.N-
Non. En revanche, le grec et le latin ont beaucoup compté dans le fait d'écrire. Je sens encore mes humanités dans mes mains. Sans elles, j'aurais écrit beaucoup plus mal.

F.M- Avec Michel Houellebecq, vous êtes l'une des vedettes de la rentrée littéraire. Vous sentez-vous des points communs avec lui ?
A.N-
Il a sur l'humanité un point de vue postmoderne dans lequel je ne me retrouve pas. Nos points de vue sont opposés, notamment sur la question du héros. Lui dit : «Gatsby le Magnifique, c'est fini.» Moi je dis le contraire. Pannonique est une héroïne cornélienne. Je rêvais d'en créer une ; j'ai fait ce que j'ai pu.

F.M- Quelle est votre héroïne préférée dans la fiction ?
A.N-
La duchesse Sanseverina dans la Chartreuse de Parme. Voilà une belle cuirasse !

F.M- N'êtes-vous pas parfois effrayée par vos fans ?
A.N-
Certaines manifestations déplacées me mettent très mal à l'aise. Un jour, un type m'a prise à bras-le-corps dans le métro et m'a secouée. Il n'avait pas aimé mon livre. Cela prouve que la littérature a encore un effet. J'essaie de voir ça de manière positive.

F.M- «Ces écrivains qui discourent interminablement sur leur bouquin : à quoi cela mène-t-il ? N'auraient-ils pas mieux servi leur livre s'ils y avaient injecté, au moment de le créer, tout l'amour nécessaire ?» peut-on également lire sous votre plume. Ne pourrait-on pas vous faire ce reproche ?
A.N-
Je m'applique à parler peu. Une chose est de répondre à des questions, une autre est de faire des théories.

F.M- Vous publiez un livre de 200 pages chaque année, au mois de septembre. N'avez-vous jamais eu envie de faire une pause et d'écrire un roman-fleuve ?
A.N-
Je n'ai pas eu le choix. Ça y est, me voici de nouveau enceinte. Ma grossesse dure trois mois, c'est biologique.

F.M- Dans Hygiène de l'assassin, Prétextat Tach dit «l'écriture le fait jouir». Est-ce aussi votre cas ?
A.N-
Aucun de mes personnages ne me ressemble autant que Prétextat Tach. En effet, j'ai rarement joui autant qu'en écrivant. Acide sulfurique m'a procuré une jouissance intense. Pour moi, le critère de la jouissance est avant tout hémorragique. Le plaisir le plus grand est celui qui fait saigner. Plus d'un an s'est écoulé depuis la fin de ce livre, je me sens encore fatiguée.

F.M- Certains critiques expliquent votre succès par la forme, très française, de vos livres : de petits contes philosophiques avec un début, un milieu et une morale. Qu'en pensez-vous ?
A.N-
Cet été, j'ai lu la Mort d'Ivan Ilitch et la Sonate à Kreutzer de Tolstoï. Cela m'a déprimée, alors j'ai eu envie de relire Zadig pour me remonter le moral. Voilà un monde que je comprends et une forme que je peux digérer. C'est un comble pour un écrivain belgo-japonais !

F.M- Il paraît que vous êtes également une grande lectrice de Montherlant ?
A.N-
J'aime tous les Montherlant. On ne dira jamais assez combien les Célibataires sont à mourir de rire. Paradoxalement, peu d'écrivains ont parlé d'amour aussi bien que lui et surtout à nous le faire sentir. J'aime aussi l'idée qu'il soit l'ennemi déclaré de la femme.

F.M- L'un de vos livres s'intitule Cosmétique de l'ennemi. Cette notion semble très importante à vos yeux. Pourquoi ?
A?N-
Il faut accepter l'idée que la vie est un combat. Dès lors, il faut que l'ennemi soit bon. Or, la plupart du temps, ils sont médiocres, d'où la nécessité de s'en créer dans l'imaginaire, ce que je fais dans mes livres.

F.M- De quoi avez-vous peur ?
A.N-
De ne plus avoir de force tout en ayant encore le désir. Pour le moment, je fais semblant d'être un surhomme et ça marche. Mais si un jour je perdais cela, ce serait très difficile pour moi.

F.M- Qu'est-ce qui vous ferait quitter votre éditeur ?
A.N-
Le départ de mon attachée de presse, Florence Godfernaux.

F.M- Quel est le plus grand interdit que vous ayez transgressé ?
A.N-
Me prendre pour Dieu. Je l'ai fait souvent dans ma tête. Dans les actes, ça s'est moins vu !
Propos recueillis par Sébastien Le Fol
http://www.lefigaro.fr/magazine/20050902.MAG0028.html


Dernière édition par le Mer 7 Sep 2005 - 12:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Interview du figaro magazine du 3 sept 2005   Dim 4 Sep 2005 - 20:38

Titelfe a écrit:

FIG.MAG :Aimez-vous votre prochain?**
A.N. :Spontanément, non. Mais je m'y efforce. C'est un veritable exercice philosophique. Aimer son voisin de pallier comme soi-même, c'est quelque chose !

FIG.MAG: En quoi croyez-vous?
A.N. J'ai été élevée dans la famille la plus catholique de Belgique. Jusqu"à l'âge de 8 ans, je voulais devenir martyre et je m'y tenais. En grandissant,je suis devenue mystique, c'est-à-dire une personne qui se tait.

Intéressant. Elle est donc mystique qui se tait ... c'est pas vraiment religieux ça!
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MessageSujet: Re: Interview du figaro magazine du 3 sept 2005   Dim 4 Sep 2005 - 21:50

Pour rassurer Evie, et pas moi:
Citation :
FIG.MAG :Aimez-vous votre prochain?**
A.N. :Spontanément, non. Mais je m'y efforce. C'est un veritable exercice philosophique. Aimer son voisin de pallier comme soi-même, c'est quelque chose !
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MessageSujet: Re: Interview du figaro magazine du 3 sept 2005   Dim 4 Sep 2005 - 21:52

Oui, je sais... mais bon...
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MessageSujet: Re: Interview du figaro magazine du 3 sept 2005   Dim 4 Sep 2005 - 21:53

ça ne l'empeche pas d'être adorable comme toi! Amour 1
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MessageSujet: Re: Interview du figaro magazine du 3 sept 2005   Dim 4 Sep 2005 - 21:54

Oui, ça c'est sur, elle est adorable
Mais après, moi c'est autre chose Rougit
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MessageSujet: Re: Interview du figaro magazine du 3 sept 2005   

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Interview du figaro magazine du 3 sept 2005
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